samedi 11 octobre 2008
58-08
Par Franck Ancel, samedi 11 octobre 2008 à 16:03 :: X streaming
EXTRACT from the STREAMING FLASH HERE 10/26/08 Paris 6pm
http://www.heuremondiale.com/
Ceci est l'enregistrement en direct d'une action, en hommage au « Poème électronique » de Le Corbusier, Xenakis et Varèse qui a eu lieu hier, 25 octobre 2008, au couvent de la Tourette. L'année des cinquante ans du « Poème électronique », pour le Pavillon Philips de l'Exposition Universelle de Bruxelles, cette création majeure, qui fait date dans l'histoire des arts, nécessitait un hommage. Entre aura du geste artistique et technique de reproduction, l'ange de Walter Benjamin veille aussi sur notre création.
C'est en 1989 que j'ai pu voir pour la première fois une reproduction vidéo du « Poème Electronique », par l'intermédiaire d'Alex Adrianseens, fondateur de l'Institut des médias instables, désormais à Rotterdam. Alex l'avait envoyé à l'un de mes amis. A cette période, le mur de Berlin tombait. L'on pouvait imaginer renouer autrement avec une certaine modernité, liée avec les avant-gardes, puis néo-avant-gardes artistiques du vingtième siècle. L'univers des nouvelles technologies allait porter ce projet par-delà l'Europe entière.
Presque vingt plus tard, les commémorations internationales semblent avoir oublié tout « Poème électronique ». La seule salle de spectacle au monde, EMPAC aux Etats-Unis, que j'ai visité pendant ses travaux l'année dernière, et qui se pose réellement des questions, concrêtement en rapport avec « le Pavillon Philips », est assez décevante par sa programmation d'inauguration, il y a tout juste quelques semaines. De même, la planète vit une crise financière et les guerres s'enchaînent d'un contiment à l'autre. Les images de Philippe Agostini qui consituaient le « Poème électronique » sont donc, d'une certaine manière, plus que jamais contemporaines. Pourtant, serait-ce d'actualité de projeter de telles images ? Des vidéo-projecteurs d'images en mouvement devraient-ils moderniser, les projecteurs d'images fixes, des salles ? Serait-ce l'incarnation numérique d'une poésie électronique en devenir ou l'extension du domaine télévisuel ?
La poésie électronique du Pavillon de 1958, était constituée de 425 haut-parleurs. Ils projetaient une quête de la spatialisation sonore en relation avec des sujets, sur l'humanité. Des couleurs mélangées à des projections d'images fixes financées par un groupe industriel. L'entreprise Philips renouvellera par ailleurs ce type d'aide à des artistes dont Nicolas Schöffer pour sa vision d'un cybernétisme total.
Philips s'était rapproché de Le Corbusier dès 1956, année où celui-ci fut aussi sollicité par Jacques Polieri pour créer son festival de l'Art d'Avant-Garde à Marseille, sur le toit d'une Unité d'Habitation. Deux ans plus tard, pour l'Exposition Universelle, le Pavillon Philips sera visité par plusieurs millions de personnes. Et si l'espace avait une capacité de 500 personnes à chaque séance, Le Corbusier tentera d'ériger ainsi une boîte à miracles, avec et encore à l'esprit, non plus une « machine à habiter » mais sans doute une « machine à spectacle ». Pourtant, lorsque le Corbusier fut contacté par l'entreprise hollandaise, il précisait « je ne veux pas faire un pavillon pour vous mais un poème électronique, un navire poètique de lumières, d'images en couleurs, de rythmes sonores ».
Le « Poéme électronique » fut donc joué pendant 8 minutes, sur une création musicale d'Edgar Varèse, entrecoupée par deux minutes sonore de PH (Parabole – Hyperbole) du jeune compositeur-architecte Iannis Xenakis. Avec ces deux créations musicales, l'électronique entrait dans l'art et l'architecture, par et pour une large diffusion publique. Notre actuelle intervention au Couvent est composée sur un rythme similaire pendant une heure. Une heure, non plus à tourner, à se satelliser, comme le 04 octobre 2007, pour notre hommage au lancement du premier satellite de l'humanité, mais une heure où se trace en boucle la question des limites d'un cadre.
Cela n'évoque pas ce que vous pouvez trouver sur l'Internet à propos du « Poème Electronique » par des spécialistes. C'est une invitation à méditer, sur une quatrième dimension. Comme l'écrivait Varèse dès 1936 « la musique, aujourd'hui, connaît trois dimensions : une horizontale, une verticale, et un mouvement de croissance et de décroissance. Je pourrais en ajouter une quatrième, la projection sonore (cette impression que le son nous quitte avec l'idée qu'il ne reviendra pas, une impression qui ressemble à ce qui émerge des rayons lumineux émis par un puissant projecteur) : un sentiment de projection, de voyage dans l'espace, pour l'oreille comme pour l'oeil ».
Mais ici nous sommes à la Tourette, là où « la réflexion spirituelle pousse l’être à se percevoir comme l’infime partie d’un tout universel. Au couvent de la Tourette, l’œuvre de l’architecte fait vivre cette sensation. » Du Pavillon Philips au Couvent de la Tourette se dessine ainsi un passage, méditatif et universel, entre l'individu créateur et une communauté de vie.
Varèse avec une rigueur musicale à Paris, il y a presque 80 ans, avait conçu une retransmission simultanée pour les grandes capitales du monde, en imaginant utiliser la radio, avec des langues multiples. Il souhaitait orchestrer, par et à travers les airs, au bon moment et avec exactitude, des voix culturelles entre Paris, Madrid, Moscou, Pekin, Mexico ou New-York. Nous n'en sommes pas là mais la diffusion sur un réseau comme Internet est une véritable invitation mondiale.
La diffusion amplifiée qui projetait le son dans le Pavillon Philips, les images ainsi que les lumières, ne fût pas seulement une projection étendue à 360°. C'était aussi une diffusion vers le monde avec le monde. La question du sujet/objet, de l'intérieur/extérieur, est déterminée par l'enveloppe architecturale, les pans de verre ondulatoire de Xenakis à la Tourette, en tant que façade chargée d'une information à la musicalité visuelle, forme aussi, au fond, une quête assez similaire. Et les mutations de l'architecture contemporaine, grâce aux nouvelles technologies, aux murs urbains d'écrans, ne sont qu'un moment de transition dans des voix assez proches. Nous serons « Mobile Wireless Digital » - comme nous le projetions sur l'écran de la Tour Montparnasse à Paris en 2004 - ou ne serons pas.
Ces évolutions et mutations portent une tentative de sortie hors des cadres. Cette mise en lumière d'une limite à dépasser a clairement été explicitée, et encore récemment, par Jacques Polieri dans un texte « Rectangle et mise en profondeur ». Polieri a quitté les salles dites à l'italienne, tributaire du formatage de nos champs de perception. En toute connaissance des boîtes, même magiques de Le Corbusier, son intuition le pousse à imaginer de nouvelles connexions artistiques. La mise en perspective classique de l'architecture, de la lumière, de l'image et du son a pris un sens nouveau en résonnances technologiques.
Quand des décorateurs sont maintenant des scénographes ! Quand des plasticiens sont maintenant des performeurs ! Quand des scènes et des musées sont maintenant sur le réseau Internet ! Quand des entreprises providentiellement publiques ou privées n'incarnent plus et ne soutiennent plus de véritables visions originales sur et pour l'art d'hier, d'aujourd'hui et de demain. Que ce soit pour la prochaine exposition universelle de Shanghai 2010, aux futurs millions de visiteurs, ou aux quelques centaines de personnes lors de manifestations culturelles. Alors le « Poème électronique » de Le Corbusier, Xenakis et Varèse pour le Pavillon Philips mérite encore d'être connu.
Et c'est l'une des plus grandes femmes du design international, proche de Corbu, ayant traversé le vingtième siècle, qui nous a légué, avant de nous quitter, un questionnement majeur et authentiquement incontournable, sur l'actuelle numérisation planétaire. Ainsi Charlotte Perriand nous interrogeait, il y a dix ans, dans un ouvrage, en nous poussant à méditer :
"Les ordinateurs ne nous rendront que le génie ou les perversions des hommes de leur temps, qui sont partis il y a des millénaires d'un petit silex taillé pour en arriver, avec de la silice, à supprimer l'espace-temps. Un éblouissement. En reliant par Internet tous les ordinateurs du monde, le réseau nous coiffe d'une vaste toile d'araignée d'informations, de communications. Cet aboutissement a été si vertigineux que, dans l'ensemble, notre propre évolution n'a pas suivi, de sorte que c'était aussi une angoisse. Tout est à repenser, notre économie, nos sociétés, notre philosophie. Des questions se posent : comment voulons-nous vivre ? Nous développer en nous-mêmes ? Nous harmoniser ?"
(Thank you to Sophie Bin for the video's capture at the Priory of La Tourette)
Communiqué de presse (Press release below)
Paris, le 16/10/08
1958-2008 : from Philips Pavillon to Explorer Art
Le dimanche 26 octobre 2008, à partir de 18 heures, Franck Ancel, via Internet rendra hommage au « Poème électronique » de Le Corbusier, Xenakis et Varèse. « Poème électronique » conçu pendant l'Exposition Universelle de Bruxelles, clôturée le dernier week-end d'octobre 1958.
Si le « Poème électronique » était une projection multimédia dans l'éphémère Pavillon Philips de Le Corbusier et Xenakis, qui bâtissaient à cette même période le Couvent de la Tourette*, Ancel tentera d'évoquer l'exploration d'une poésie numérique depuis ce bâtiment même.

Image flyer © Benedikt Groß
Après avoir célébré sous cette forme contextuelle, le 04 octobre 2007, le lancement du premier satellite de l'humanité depuis une soufflerie, Ancel éclaire ces passages historiques dans l'art en connectant ceux-là dans la grande tradition des vidéo-performances depuis Dan Graham.
Déjà intervenu en 2003 par une projection interactive avec le Centre culturel de La Tourette, les pans de verre ondulatoires de Xenakis du Couvent participeront encore une fois à cette nouvelle création, entre la poésie de l'angle droit de Le Corbusier et le rêve d'un « Poéme radiophonique mondiale » de Varèse.
La Tourette © FLC-ADAGP et Camille Gillardeau
Un événement hors des sentiers battus signé Franck Ancel. Des collaborations avec Vincent Epplay (artiste sonore parisien), Derrick Giscloux (artiste numérique lyonnais), avec des entreprises locales comme webcastor, mais aussi en échangeant avec des universitaires comme le turinois Vincenzo Lombardo (coordinateur du « Virtual electronic poem »).
Contacts et informations
Ancel +33 676 470 610
info@franck-ancel.com
Franck Ancel vit à Paris. Il a organisé et coordonné des manifestations avec des institutions ou des associations culturelles dont la rétrospective majeure sur "Jacques Polieri : créateur d'une scénographie moderne" à la BnF à Paris (2002). Depuis les attentats du 11 septembre 2001, Ancel a mis en place un triptyque interactif et collaboratif, "A.I.T.", questionnant l’architecture, l’image, la technologie lors de créations éphémères, sur des sites patrimoines du 20ième siècle. En 2005, il a clôturé un cycle de cinq communications pour cinq continents, intitulé "De la scénographie au réseau planétaire", par une première mondiale sur Internet, depuis un avion en vol de Shanghai vers Munich. Il analyse sa pratique par une réflexion théorique, dans des textes pour des revues ou lors de conférences. Il produit et crée aussi des multiples d'art qui remixent comme des traces matérielles ses recherches. Il interroge les frontières classiques, en projetant dans l'espace contemporain, une mise en réseaux de données post-médiatiques.
Vincent Epplay, plasticien/musicien, élabore un travail de mise en jeu entre la matérialité du son et ses modes de diffusion/réception. Développant une pratique qui emprunte à la fois aux arts visuels et à la musiques électroniques, il interroge les rapports son/image, le contexte de la diffusion (durée, lieu), et le rapport à l'audio-spectateur.
http://www.viplayland.net
Derrick Giscloux est musicien et compositeur. Son travail de l'image se porte essentiellement sur la modification en temps réel d'images vidéo de la scène d'un spectacle ou d'une installation multimédia. Cette suite d'images vidéo "en mouvement" est alors projetée sur écran cinématographique simultanément à la scène captée.
http://derrickgiscloux.free.fr
* http://www.couventlatourette.com
Press release
10/16/08
1958-2008 : from Philips Pavillon to Explorer Art
On Sunday October 26 2008, starting at 6pm, Franck Ancel, will organize homage through the internet to the "Electronic poem" Le Corbusier, Xenakis and Varèse. "Electronic poem" conceived during the World Fair of Brussels, closed the last weekend of the fair in October 1958.
The "Electronic poem" was a multimedia projection in the fleeting Philips House that Le Corbusier and Xenakis built the same period the Convent of the Tourette*, and Ancel will attempt to evoke the exploration of a numerical poetry from this same building.
After celebrating under this contextual form, last year on October 04 2007, the launch of the first satellite of the humanity in a soufflerie, Ancel will light up these historic passages in art while connecting them in the big tradition of the video performances from the time of Dan Graham.
Already in 2003 in an interactive projection with the cultural Center of The Tourette, the sections of glass ondulatoires of Xenakis of the Convent will participate once more in this new creation -- somewhere between the poetry of the straight angle of Le Corbusier and the dream of a "World-radio poem" of Varèse.
An event outside the beaten paths signed by Franck Ancel. Collaborations with Vincent Epplay (Parisian sonorous artist), Derrick Giscloux (Lyonese numerical artist), with local businesses such as Webcastor, but also in exchange with artists from universities, like Vincenzo Lombardo (coordinator of the "Virtual Electronic Poem") from Turin.
Franck Ancel lives in Paris. He has thus organized and coordinated symposiums, expositions, and performances in cooperation with associations and institutions. The last one was a retrospective on Jacques Polieri, « the creator of modern scenography », at the National Library in Paris. Since the 9/11 terrorist attacks, Ancel has set up an interactive, participative triptych, « A.I.T. », probing architecture, image and technology on 20th Century heritage sites.
In 2005, he concluded a cycle of five presentations for five continents entitled « From Scenography to the Planetary Network » with its world premiere being broadcast live on the Internet from a plane travelling between Shanghai and Munich. It analyzes his practice through theoretical reflection, in texts for magazines or at the time lectures. It produces and creates also multiples of art that remix as material tracks its research. It questions the classical borders, while projecting in the contemporary space, a placement in networks of data post-medias.
Vincent Epplay, plasticien/musical, elaborates a placement work in game between the matérial nature of the sound and its methods of broadcasting/reception. Developing a practice that lends itself at once to the visual arts and to the electronic music, it questions the reports his/picture, the broadcasting context (lasted, place), and the report to the audio spectator.
http://www.viplayland.net
Derrick Giscloux is a musician and a composer. His picture work carries itself essentially on the modification in real time of the video pictures of the scene of a spectacle or of a multimedia installation. Then the continuation of video pictures "in movement" is projected on film screen simultaneously to the obtained scene.
http://derrickgiscloux.free.fr
* http://www.couventlatourette.com
http://www.heuremondiale.com/
Ceci est l'enregistrement en direct d'une action, en hommage au « Poème électronique » de Le Corbusier, Xenakis et Varèse qui a eu lieu hier, 25 octobre 2008, au couvent de la Tourette. L'année des cinquante ans du « Poème électronique », pour le Pavillon Philips de l'Exposition Universelle de Bruxelles, cette création majeure, qui fait date dans l'histoire des arts, nécessitait un hommage. Entre aura du geste artistique et technique de reproduction, l'ange de Walter Benjamin veille aussi sur notre création.
C'est en 1989 que j'ai pu voir pour la première fois une reproduction vidéo du « Poème Electronique », par l'intermédiaire d'Alex Adrianseens, fondateur de l'Institut des médias instables, désormais à Rotterdam. Alex l'avait envoyé à l'un de mes amis. A cette période, le mur de Berlin tombait. L'on pouvait imaginer renouer autrement avec une certaine modernité, liée avec les avant-gardes, puis néo-avant-gardes artistiques du vingtième siècle. L'univers des nouvelles technologies allait porter ce projet par-delà l'Europe entière.
Presque vingt plus tard, les commémorations internationales semblent avoir oublié tout « Poème électronique ». La seule salle de spectacle au monde, EMPAC aux Etats-Unis, que j'ai visité pendant ses travaux l'année dernière, et qui se pose réellement des questions, concrêtement en rapport avec « le Pavillon Philips », est assez décevante par sa programmation d'inauguration, il y a tout juste quelques semaines. De même, la planète vit une crise financière et les guerres s'enchaînent d'un contiment à l'autre. Les images de Philippe Agostini qui consituaient le « Poème électronique » sont donc, d'une certaine manière, plus que jamais contemporaines. Pourtant, serait-ce d'actualité de projeter de telles images ? Des vidéo-projecteurs d'images en mouvement devraient-ils moderniser, les projecteurs d'images fixes, des salles ? Serait-ce l'incarnation numérique d'une poésie électronique en devenir ou l'extension du domaine télévisuel ?
La poésie électronique du Pavillon de 1958, était constituée de 425 haut-parleurs. Ils projetaient une quête de la spatialisation sonore en relation avec des sujets, sur l'humanité. Des couleurs mélangées à des projections d'images fixes financées par un groupe industriel. L'entreprise Philips renouvellera par ailleurs ce type d'aide à des artistes dont Nicolas Schöffer pour sa vision d'un cybernétisme total.
Philips s'était rapproché de Le Corbusier dès 1956, année où celui-ci fut aussi sollicité par Jacques Polieri pour créer son festival de l'Art d'Avant-Garde à Marseille, sur le toit d'une Unité d'Habitation. Deux ans plus tard, pour l'Exposition Universelle, le Pavillon Philips sera visité par plusieurs millions de personnes. Et si l'espace avait une capacité de 500 personnes à chaque séance, Le Corbusier tentera d'ériger ainsi une boîte à miracles, avec et encore à l'esprit, non plus une « machine à habiter » mais sans doute une « machine à spectacle ». Pourtant, lorsque le Corbusier fut contacté par l'entreprise hollandaise, il précisait « je ne veux pas faire un pavillon pour vous mais un poème électronique, un navire poètique de lumières, d'images en couleurs, de rythmes sonores ».
Le « Poéme électronique » fut donc joué pendant 8 minutes, sur une création musicale d'Edgar Varèse, entrecoupée par deux minutes sonore de PH (Parabole – Hyperbole) du jeune compositeur-architecte Iannis Xenakis. Avec ces deux créations musicales, l'électronique entrait dans l'art et l'architecture, par et pour une large diffusion publique. Notre actuelle intervention au Couvent est composée sur un rythme similaire pendant une heure. Une heure, non plus à tourner, à se satelliser, comme le 04 octobre 2007, pour notre hommage au lancement du premier satellite de l'humanité, mais une heure où se trace en boucle la question des limites d'un cadre.
Cela n'évoque pas ce que vous pouvez trouver sur l'Internet à propos du « Poème Electronique » par des spécialistes. C'est une invitation à méditer, sur une quatrième dimension. Comme l'écrivait Varèse dès 1936 « la musique, aujourd'hui, connaît trois dimensions : une horizontale, une verticale, et un mouvement de croissance et de décroissance. Je pourrais en ajouter une quatrième, la projection sonore (cette impression que le son nous quitte avec l'idée qu'il ne reviendra pas, une impression qui ressemble à ce qui émerge des rayons lumineux émis par un puissant projecteur) : un sentiment de projection, de voyage dans l'espace, pour l'oreille comme pour l'oeil ».
Mais ici nous sommes à la Tourette, là où « la réflexion spirituelle pousse l’être à se percevoir comme l’infime partie d’un tout universel. Au couvent de la Tourette, l’œuvre de l’architecte fait vivre cette sensation. » Du Pavillon Philips au Couvent de la Tourette se dessine ainsi un passage, méditatif et universel, entre l'individu créateur et une communauté de vie.
Varèse avec une rigueur musicale à Paris, il y a presque 80 ans, avait conçu une retransmission simultanée pour les grandes capitales du monde, en imaginant utiliser la radio, avec des langues multiples. Il souhaitait orchestrer, par et à travers les airs, au bon moment et avec exactitude, des voix culturelles entre Paris, Madrid, Moscou, Pekin, Mexico ou New-York. Nous n'en sommes pas là mais la diffusion sur un réseau comme Internet est une véritable invitation mondiale.
La diffusion amplifiée qui projetait le son dans le Pavillon Philips, les images ainsi que les lumières, ne fût pas seulement une projection étendue à 360°. C'était aussi une diffusion vers le monde avec le monde. La question du sujet/objet, de l'intérieur/extérieur, est déterminée par l'enveloppe architecturale, les pans de verre ondulatoire de Xenakis à la Tourette, en tant que façade chargée d'une information à la musicalité visuelle, forme aussi, au fond, une quête assez similaire. Et les mutations de l'architecture contemporaine, grâce aux nouvelles technologies, aux murs urbains d'écrans, ne sont qu'un moment de transition dans des voix assez proches. Nous serons « Mobile Wireless Digital » - comme nous le projetions sur l'écran de la Tour Montparnasse à Paris en 2004 - ou ne serons pas.
Ces évolutions et mutations portent une tentative de sortie hors des cadres. Cette mise en lumière d'une limite à dépasser a clairement été explicitée, et encore récemment, par Jacques Polieri dans un texte « Rectangle et mise en profondeur ». Polieri a quitté les salles dites à l'italienne, tributaire du formatage de nos champs de perception. En toute connaissance des boîtes, même magiques de Le Corbusier, son intuition le pousse à imaginer de nouvelles connexions artistiques. La mise en perspective classique de l'architecture, de la lumière, de l'image et du son a pris un sens nouveau en résonnances technologiques.
Quand des décorateurs sont maintenant des scénographes ! Quand des plasticiens sont maintenant des performeurs ! Quand des scènes et des musées sont maintenant sur le réseau Internet ! Quand des entreprises providentiellement publiques ou privées n'incarnent plus et ne soutiennent plus de véritables visions originales sur et pour l'art d'hier, d'aujourd'hui et de demain. Que ce soit pour la prochaine exposition universelle de Shanghai 2010, aux futurs millions de visiteurs, ou aux quelques centaines de personnes lors de manifestations culturelles. Alors le « Poème électronique » de Le Corbusier, Xenakis et Varèse pour le Pavillon Philips mérite encore d'être connu.
Et c'est l'une des plus grandes femmes du design international, proche de Corbu, ayant traversé le vingtième siècle, qui nous a légué, avant de nous quitter, un questionnement majeur et authentiquement incontournable, sur l'actuelle numérisation planétaire. Ainsi Charlotte Perriand nous interrogeait, il y a dix ans, dans un ouvrage, en nous poussant à méditer :
"Les ordinateurs ne nous rendront que le génie ou les perversions des hommes de leur temps, qui sont partis il y a des millénaires d'un petit silex taillé pour en arriver, avec de la silice, à supprimer l'espace-temps. Un éblouissement. En reliant par Internet tous les ordinateurs du monde, le réseau nous coiffe d'une vaste toile d'araignée d'informations, de communications. Cet aboutissement a été si vertigineux que, dans l'ensemble, notre propre évolution n'a pas suivi, de sorte que c'était aussi une angoisse. Tout est à repenser, notre économie, nos sociétés, notre philosophie. Des questions se posent : comment voulons-nous vivre ? Nous développer en nous-mêmes ? Nous harmoniser ?"
(Thank you to Sophie Bin for the video's capture at the Priory of La Tourette)
Communiqué de presse (Press release below)
Paris, le 16/10/08
1958-2008 : from Philips Pavillon to Explorer Art
Le dimanche 26 octobre 2008, à partir de 18 heures, Franck Ancel, via Internet rendra hommage au « Poème électronique » de Le Corbusier, Xenakis et Varèse. « Poème électronique » conçu pendant l'Exposition Universelle de Bruxelles, clôturée le dernier week-end d'octobre 1958.
Si le « Poème électronique » était une projection multimédia dans l'éphémère Pavillon Philips de Le Corbusier et Xenakis, qui bâtissaient à cette même période le Couvent de la Tourette*, Ancel tentera d'évoquer l'exploration d'une poésie numérique depuis ce bâtiment même.

Image flyer © Benedikt Groß
Après avoir célébré sous cette forme contextuelle, le 04 octobre 2007, le lancement du premier satellite de l'humanité depuis une soufflerie, Ancel éclaire ces passages historiques dans l'art en connectant ceux-là dans la grande tradition des vidéo-performances depuis Dan Graham.
Déjà intervenu en 2003 par une projection interactive avec le Centre culturel de La Tourette, les pans de verre ondulatoires de Xenakis du Couvent participeront encore une fois à cette nouvelle création, entre la poésie de l'angle droit de Le Corbusier et le rêve d'un « Poéme radiophonique mondiale » de Varèse.
La Tourette © FLC-ADAGP et Camille GillardeauUn événement hors des sentiers battus signé Franck Ancel. Des collaborations avec Vincent Epplay (artiste sonore parisien), Derrick Giscloux (artiste numérique lyonnais), avec des entreprises locales comme webcastor, mais aussi en échangeant avec des universitaires comme le turinois Vincenzo Lombardo (coordinateur du « Virtual electronic poem »).
Contacts et informations
Ancel +33 676 470 610
info@franck-ancel.com
Franck Ancel vit à Paris. Il a organisé et coordonné des manifestations avec des institutions ou des associations culturelles dont la rétrospective majeure sur "Jacques Polieri : créateur d'une scénographie moderne" à la BnF à Paris (2002). Depuis les attentats du 11 septembre 2001, Ancel a mis en place un triptyque interactif et collaboratif, "A.I.T.", questionnant l’architecture, l’image, la technologie lors de créations éphémères, sur des sites patrimoines du 20ième siècle. En 2005, il a clôturé un cycle de cinq communications pour cinq continents, intitulé "De la scénographie au réseau planétaire", par une première mondiale sur Internet, depuis un avion en vol de Shanghai vers Munich. Il analyse sa pratique par une réflexion théorique, dans des textes pour des revues ou lors de conférences. Il produit et crée aussi des multiples d'art qui remixent comme des traces matérielles ses recherches. Il interroge les frontières classiques, en projetant dans l'espace contemporain, une mise en réseaux de données post-médiatiques.
Vincent Epplay, plasticien/musicien, élabore un travail de mise en jeu entre la matérialité du son et ses modes de diffusion/réception. Développant une pratique qui emprunte à la fois aux arts visuels et à la musiques électroniques, il interroge les rapports son/image, le contexte de la diffusion (durée, lieu), et le rapport à l'audio-spectateur.
http://www.viplayland.net
Derrick Giscloux est musicien et compositeur. Son travail de l'image se porte essentiellement sur la modification en temps réel d'images vidéo de la scène d'un spectacle ou d'une installation multimédia. Cette suite d'images vidéo "en mouvement" est alors projetée sur écran cinématographique simultanément à la scène captée.
http://derrickgiscloux.free.fr
* http://www.couventlatourette.com
Press release
10/16/08
1958-2008 : from Philips Pavillon to Explorer Art
On Sunday October 26 2008, starting at 6pm, Franck Ancel, will organize homage through the internet to the "Electronic poem" Le Corbusier, Xenakis and Varèse. "Electronic poem" conceived during the World Fair of Brussels, closed the last weekend of the fair in October 1958.
The "Electronic poem" was a multimedia projection in the fleeting Philips House that Le Corbusier and Xenakis built the same period the Convent of the Tourette*, and Ancel will attempt to evoke the exploration of a numerical poetry from this same building.
After celebrating under this contextual form, last year on October 04 2007, the launch of the first satellite of the humanity in a soufflerie, Ancel will light up these historic passages in art while connecting them in the big tradition of the video performances from the time of Dan Graham.
Already in 2003 in an interactive projection with the cultural Center of The Tourette, the sections of glass ondulatoires of Xenakis of the Convent will participate once more in this new creation -- somewhere between the poetry of the straight angle of Le Corbusier and the dream of a "World-radio poem" of Varèse.
An event outside the beaten paths signed by Franck Ancel. Collaborations with Vincent Epplay (Parisian sonorous artist), Derrick Giscloux (Lyonese numerical artist), with local businesses such as Webcastor, but also in exchange with artists from universities, like Vincenzo Lombardo (coordinator of the "Virtual Electronic Poem") from Turin.
Franck Ancel lives in Paris. He has thus organized and coordinated symposiums, expositions, and performances in cooperation with associations and institutions. The last one was a retrospective on Jacques Polieri, « the creator of modern scenography », at the National Library in Paris. Since the 9/11 terrorist attacks, Ancel has set up an interactive, participative triptych, « A.I.T. », probing architecture, image and technology on 20th Century heritage sites.
In 2005, he concluded a cycle of five presentations for five continents entitled « From Scenography to the Planetary Network » with its world premiere being broadcast live on the Internet from a plane travelling between Shanghai and Munich. It analyzes his practice through theoretical reflection, in texts for magazines or at the time lectures. It produces and creates also multiples of art that remix as material tracks its research. It questions the classical borders, while projecting in the contemporary space, a placement in networks of data post-medias.
Vincent Epplay, plasticien/musical, elaborates a placement work in game between the matérial nature of the sound and its methods of broadcasting/reception. Developing a practice that lends itself at once to the visual arts and to the electronic music, it questions the reports his/picture, the broadcasting context (lasted, place), and the report to the audio spectator.
http://www.viplayland.net
Derrick Giscloux is a musician and a composer. His picture work carries itself essentially on the modification in real time of the video pictures of the scene of a spectacle or of a multimedia installation. Then the continuation of video pictures "in movement" is projected on film screen simultaneously to the obtained scene.
http://derrickgiscloux.free.fr
* http://www.couventlatourette.com





